La zone euro face à la crise du coronavirus, par le Cep France.

Version disponible : Deutsch (Allemand)

Les conséquences économiques de la crise du coronavirus ont fait naître des doutes sur la solvabilité de certains pays de la zone euro. Le présent cepInput – publié le 24 mars 2020 par notre institut partenaire, le cep, en Allemagne et dont nous vous offrons ici la traduction – considère les dernières mesures de la BCE comme le résultat d’une longue série d’erreurs politiques.

Le cep se prononce en faveur à l’activation des lignes de crédit du mécanisme européen de stabilité (MES) mais n’approuve pas le recours aux « Coronabonds ».

La récente intervention de la BCE est le résultat d’une série d’erreurs politiques. Premièrement, en raison de l’assouplissement et du manque d’application du pacte de stabilité et de croissance, les doutes sur la solvabilité de certains États de la zone euro sont justifiés. L’application du Pacte de stabilité et de croissance et la baisse du niveau de la dette qui en a découlé les années précédentes auraient apaisé les doutes. Deuxièmement, dans la situation actuelle, le Mécanisme européen de stabilité aurait dû être activé en premier. Avec les lignes de crédit préventives, le MES dispose d’instruments qui auraient été conditionnés et légitimés démocratiquement. Au lieu de cela, la BCE a été contrainte d’intervenir d’une manière qui s’apparente davantage encore au financement monétaire public que les nombreux programmes de sauvetage de l’euro depuis 2010, ce qui nuit à sa capacité à mener une politique monétaire indépendante de la situation budgétaire des États de la zone euro.

Des mesures de politique économique nécessaires

L’efficacité des mesures de politique économique est limitée tant que les mesures de santé entraînent des ruptures du côté de l’offre. Des mesures européennes sont donc nécessaires pour maintenir la circulation transnationale des marchandises et de ce fait la capacité de production. Il est également logique de soutenir la trésorerie des entreprises. Elles peuvent empêcher les entreprises de faire faillite. De nombreuses mesures actuellement décidées ou en cours de discussion – par exemple en Allemagne comme en France le recours au chômage partiel, le report d’impôts et les garanties de prêts – sont donc absolument nécessaires.

Des solutions au niveau de l’UE

Au niveau de l’UE, les lignes de crédit du MES devraient être activées. Non seulement elles sont immédiatement utilisables, mais par rapport aux Coronabonds actuellement en discussion, elles sont ciblées, démocratiquement légitimées et durables. Les lignes de crédit du MES ne devraient pas conduire à des achats massifs d’obligations d’État par la BCE (dans le cadre du programme OMT). La capacité de la BCE à mener une politique monétaire indépendante, indépendamment de l’impact sur les pays de la zone euro, est limitée par ces achats – que ce soit dans le cadre du PEPP ou du programme OMT.

A l’heure actuelle, il est impossible de dire sérieusement si les ressources du MES seront suffisantes. Dans ce cas, la seule réponse appropriée serait d’augmenter les fonds du MES. Cette mesure serait également légitimée démocratiquement, puisqu’elle doit être adoptée par les États partie prenante au MES, conformément à leurs procédures législatives respectives.

Pour en savoir plus : La zone euro face à la crise du coronavirus

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