Les enjeux des éco-technologies du futur

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Ce congrès dresse le bilan des éco-technologies de demain :

des technologies ayant moins d’effets négatifs sur l’environnement que d’autres techniques équivalentes.

Dès la conférence inaugurale du congrès, il est apparu que les éco-technologies étaient devenues une préoccupation majeure des instances régionales, nationales et européennes. C’est ainsi que différents participants ont mis clairement en avant leur mobilisation pour une économie soucieuse des ressources naturelles.

 

En 2004 l’Union Européenne avait lancé un plan d’action en faveur des éco-technologies afin de réduire la pression sur les ressources naturelles, d’améliorer la qualité de vie des Européens et de favoriser la croissance économique. L’UE montre donc clairement qu’elle veut jouer un rôle précurseur dans leur application.

Lors de la conférence inaugurale Pierre Henry, membre de la DG Environnement de la Commission Européenne, a mis en avant la solidité des connaissances européennes en matière d’écologie. Néanmoins il demeure indispensable de travailler pour cet héritage et de ne pas se reposer sur ses acquis. De ce fait, le développement et le déploiement des éco-technologies restent des thèmes prioritaires, notamment lors de la relance des économies mondiales dans le cadre de la crise que l’on connaît aujourd’hui.

Cependant même si l’UE souhaite jouer un rôle de premier plan, elle se heurte sans cesse à la concurrence entre ses Etats-membres ainsi qu’à une politique du plus petit dénominateur commun. Il n’en reste pas moins que la politique en matière environnementale, arrêté au sein de l’Union Européenne pour la période 2007-2013, est assez ambitieuse.

 

Comment cette dynamique européenne pour les éco-technologies est-elle vue par les experts nationaux ?

De quels outils financiers les Régions et les entreprises françaises disposent-elles ?

Deux agences publiques françaises ont été consultées : l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) qui accompagne les éco-industries, et OSEO, aussi appelée « banque publique des PME » et « agence de l’innovation », à cause de ses aides directes au développement de programmes d’innovation technologique.

Toutes deux soutiennent ainsi le marché des clean techs, des technologies propres. Selon Marc Dufau (OSEO) ce marché connaît une croissance régulière depuis environ 9 ans. Jean-Marc Merillot de l’ADEME, souligne également la place croissante des éco-technologies. Toutefois il insiste sur le fait que la fabrication des éco-produits et l’utilisation des technologies propres ne suffisent pas pour faire face au changement climatique. Un nouveau / autre comportement d’achat des consommateurs s’avère également indispensable pour corriger les impacts des activités humaines et industrielles sur l’environnement.

Sous l’influence du changement climatique le marché des éco-industries connaît un développement sans précédent en France, notamment dans le secteur de l’eau et des déchets.

Un exemple en est la société ARF qui se focalise sur la recherche et le développement, afin d’optimiser la gestion des déchets par l’utilisation de filières de valorisation énergétique (ex. cimenteries) et de matière (ex. aciéries) de leurs déchets.

Avec ARFvalormat, ARF espère pouvoir remplacer des matières naturelles telles que l’argile et le calcaire par des déchets riches en minéraux afin de produire des liants hydrauliques qui seront par exemple utilisés dans la construction. Ce programme bénéficie d’une aide financière de la Commission Européenne.

Marc Roquette, PDG de Roquette Frères, était également présent lors de la conférence. Cette entreprise familiale française travaille à partir de ressources agricoles renouvelables pour réutiliser leurs principaux constituants et en extraire de nouvelles matières. Ayant une gamme étendue de produits comprenant entre autre l’alimentation, les industries chimiques, pharmaceutiques, la papeterie, la cartonnerie et les biotechnologies, Roquette Frères compte parmi les leaders mondiaux dans ce secteur. Pendant la conférence Marc Roquette a également présenté les avancées de son entreprise dans le domaine de la recherche sur les micros algues que Roquette Frères compte mettre au service de la nutrition et de la santé.

Il est clair que face à la nécessité de préserver l’environnement, nous avons besoin d’éco-technologies efficaces. En matière d’énergie par exemple, les bâtiments représentent aujourd’hui environ 40% de la consommation totale.
Paul Dracott de «Business Support Kent », un pôle d’excellence du secteur de la construction, souligne les bénéfices de la construction durable. La réduction des coûts d’énergie et de matériel est évidente. C’est pourquoi environ 50% des entreprises de construction britanniques aimeraient employer du matériel et des technologies dites durables. Cependant la majorité d’entre elles ne possède pas les connaissances nécessaires. Business Support Kent entreprend d’accueillir et d’instruire ces entreprises.
L’« Effizienzagentur » en Rhénanie Westphalie du Nord, représentée à la conférence par Matthias Graf, s’est également fixé pour but d’introduire des technologies innovantes et d’utiliser les ressources d’une manière efficiente.

Pour compléter la conférence plénière, des représentants de l’Etat ont été invités à faire le point sur les outils nationaux face à ce nouvel enjeu. Sophie Costedoat, venue pour représenter la Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS), mais également le vice-président du Conseil Régional du NPDC, Emmanuel Cau et le Préfet du NPDC, Jean-Michel Berard, ont souligné l’importance de positionner la France en tête du marché des éco-technologies.

Afin d’ « étudier les manières d’intégrer de façon optimale le défi environnemental au sein de notre économie » le plan « Ecotech 2012 » a été lancé le 2 décembre 2008 par les secrétaires d’Etat chargés de l’Ecologie et de l’Industrie. Dans le cadre du lancement du plan stratégique, six mesures en faveur du développement des éco-industries ont été fixées : l’amélioration de l’accès au financement pour les entreprises à travers l’orientation d’une partie des financements de France Investissement vers le secteur des éco-industries ; le soutien de l’innovation ; le renforcement de la dynamique et la structuration du secteur des éco-industries avec l’amélioration de la compétitivité des entreprises ; le renforcement des « contrôles d’étiquetage » comme l’étiquetage CO2 des véhicules. Et enfin l’encouragement de la formation avec, notamment, la création du « Prix TIC », qui devrait récompenser les meilleures innovations écologiques.

Ces trois participants ont fait le point sur le relais de croissance extraordinaire du secteur économique des éco-technologies en cette période de crise économique, et ils ont souligné l’engagement du gouvernement français en faveur de ce secteur.

Enfin, la conférence s’est conclue par la signature de la Charte de Préfiguration du projet « Sédimatériaux », un projet national prévoyant la gestion et la valorisation des sédiments de dragage portuaires et fluviaux avec la recherche de solutions innovantes.

Cette Charte manifeste l’engagement ferme des acteurs concernés et la volonté commune des signataires, dont la Préfecture du NPDC et le Conseil Régional, le Ministère de l’Environnement, l’École des Mines de Douai et l’association Création Développement d’Eco-Entreprises (Cd2e).

Isabell BOMMERT – CEFA-NPDC

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